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Récits de voyages d'un peu partout dans le monde


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Des nouvelles de la « beautiful walk into the jungle » sous la pluie

Je vous écris d’un café d’Ho Chi Minh, notre dernière destination de ce périple. Il nous reste une semaine dans la plus grosse ville vietnamienne (plus de 10 millions d’habitants et probablement autant de motos qui roulent dans tous les sens assez vite merci). C’est une ville assez trippante qui rappelle un peu Bangkok mais aussi un peu Séoul. On dirait qu’il va tomber un coup d’eau pour faire changement. Mais bon, on commence à avoir l’habitude; en 5 semaines, nous n’avons eu que 2 ou 3 jours sans pluie. Emmenez-en de l’eau pis de la bouette!

Parlant d’eau et de bouette, je dois absolument vous raconter notre merveilleuse « beautiful walk into the jungle ». Le tout a débuté quelques semaines avant notre départ où j’ai réservé des hébergements en ligne sur l’île cambodgienne de Koh Rong Samloem. Je crois avoir changé d’idée 10 fois en lisant les commentaires, en pesant le pour et le contre de chaque emplacement, en lisant des blogues de voyage, etc.

Mon choix s’est arrêté sur les Robinson Bungalow qui étaient isolés sur une ile déjà pas pire isolée (les iles cambodgiennes ne sont pas aussi connues que leurs voisines les iles thailandaises).

Nous devions rejoindre Marie-Lou (la fille de Marc) et son chum Francis au Cambodge. Ces derniers étaient déjà en Indonésie depuis quelques semaines. Nous avions convenu de nous rejoindre à l’aéroport de Phnom Penh où nous arriverions de nos vols cheapounes, d’où le fameux call de Marie-Lou : « Le plus simple, c’est de se rejoindre à Phnom Penh. » Pas au rond du métro Berri mais à Phnom Penh.

Entre-temps, j’avais réservé un hôtel à Phnom Penh pour deux jours, histoire de visiter un peu la capitale cambodgienne. Marie-Lou et Francis avaient réservé un hôtel un peu plus cheapette pas loin du nôtre. Le tout avait été coordonné sur Messenger avec un beau décalage de 12 heures Indonésie-Canada. On est en 2016 ou on ne l’est pas.

Un peu avant notre départ du plus meilleur pays au monde, je reçois un courriel des bungalows Robinson nous avisant que nous devons prendre un bateau précis pour se rendre au dit bungalow, bateau qui part à 7 heures le matin d’une ville côtière, Sihanoukville, qui se trouve à environ 5-6 heures de route de Phnom Penh. Je leur écris pour savoir si on ne peut pas prendre un bateau plus tard car nous ne voulons pas prendre un bus de nuit pour se rendre à Sihanoukville. Je n’ai pas de réponse pendant un bout (faut savoir que le réseau ne se rend pas ben ben dans cette partie de l’île pis que l’électricité manque souvent).

Je finis par recevoir une réponse qui me dit que si on prend un autre bateau, nous devrons faire la fameuse « beautiful walk into the jungle », belle marche qui prend environ 30 minutes si on est en forme. Je ne sais pas pourquoi mais je me doute que ce qualificatif est louche et comme je n’apprécie pas particulièrement les marches avec tout mon stock de voyage sur le dos, on décide de changer nos plans et de partir une journée plus tôt de Phnom Penh. Il faut donc trouver un hôtel rapido à Sihanoukville et s’arranger pour que Marie-Lou et Francis annulent à temps leur 2e nuit pour ne pas payer des frais. Bref, c’est un peu de gossage, ça nous empêche de visiter Phnom Penh et on doit partir un peu en catastrophe mais au moins on se sauve d’une belle marche de 30 minutes avec 40 livres sur le dos.

Tout se passe rondement; on rencontre Marie-Lou et Francis comme prévu à l’aéroport de Phnom Penh, on se rend à la ville sans trop de complication (mini tentative d’arnaque du taxi mais c’est un classique d’aéroport), nos hôtels sont corrects sans plus. On se trouve facilement un taxi pour se rendre à Sihanoukville le lendemain.

Le trajet vers Sihanoukville se déroule sans heurt; notre chauffeur conduit bien et on découvre le Cambodge. À Sihanoukville, Marc et les jeunes partent en expédition acheter les billets pour le bateau. C’est là que le fun commence. Ils apprennent que le quai pour accoster près de nos bungalows est brisé et qu’il faut se taper la beautiful walk into the jungle avec tout notre stock. Nous avons donc changé tous nos plans absolument pour rien!

J’suis pas trop de bonne humeur mais bon, on n’a pas trop le choix… J’peux pas dire que j’ai ben hâte parce que :
1- Y fait chaud comme le tabarnak, du genre des ressentis de plus de 40.
2- Je trippe pas trop marche dans la jungle pis encore moins avec mon gros bagage sur le dos.

J’essaie de m’encourager en me disant que ça doit être relativement plat pis que ça ne devrait pas être si pire puisque je suis quand même en forme et que j’ai marché plus de 15 km par jour sans problème à Bangkok où il ne fait pas frette non plus.

Après un 2 heures de bateau tranquille où étrangement il ne mouille pas, nous accostons à Koh Rong Samloem la fameuse ile cambdgienne paradisiaque. C’est effectivement magnifique et pas rempli de touristes. Un vrai rêve! On nous débarque ainsi que nos camarades nos bagages pesants avec une petite barque parce que le bateau ne peut accoster près du bord. On débarque également de la nourriture (oeufs, pain, fruits et légumes) pour les bungalows où nous allons. Ces denrées doivent être transportées de l’autre côté de l’île via la beautiful walk parce que, on se rappelle, le quai est brisé. Je m’encourage en me disant que ça doit donc bien se faire.

On nous « explique » le chemin (genre tout droit pis un peu plus loin, tu tournes à gauche). On nous souhaite ensuite bonne chance, ce que nous comprendrons bientôt.

Nous partons avec nos gros cristies de sacs sur le dos (le gros derrière pis le petit sac de tous les jours devant). Ça fait pas 2 minutes que nous marchons qu’il commence à mouiller pis pas pire à part ça. C’est le fun parce que le « chemin » en sable / terre devient une belle bouette bien glissante.

Ça ne monte pas trop au début mais ça glisse pas pire, surtout que mes petits crocs deviennent câlissement glissants quand mes pieds sont mouillés (mes pieds glissent dedans). Fa que non seulement le sol glisse mais mes pieds glissent aussi dans mes souliers. Yé! Une double chance de se péter la yeule!

Après quelques minutes, le « chemin » de départ devient un espèce de sentier de trek dans la jungle sur des roches glissantes pleines de bouette. Ça monte pas pire, au point qu’il faut s’aggripper sur les roches glissantes pour se donner un swing pour monter sur la prochaine roche. Pour vous donner une idée, la hauteur entre deux ostis de roches glissantes est environ de 2 marches d’escalier. C’est vraiment très l’fun avec 40 livres de stock qui te débalancent pis des petits souliers où tes pieds glissent et qui, en bonus, débarquent parce qu’ils se pognent dans des roches, des racines et/ou de la bouette.

Il pleut de plus en plus fort (genre trombes d’eau) fa que la piste d’escalade de roches glissantes devient un beau petit ruisseau dans lequel il faut escalader sans crisser le camp. Ça monte en titi pis c’est long longtemps. Au moins, la pluie rafraichit un peu mais elle ne calme pas le troupeau de maringouins qui nous saute dessus dès qu’on arrête de bouger.

Tsé, quand tu te demandes sérieusement « quessé que tu câlisses icitte???? » à tous les pas que tu fais, ben c’est peut-être un signe que c’est loin d’être plaisant.

Nous montons d’à plomb un bon 30 minutes dans la chute bouetteuse. Y fait chaud, ça glisse, on a mal aux épaules et dans le dos (on se demande pourquoi), on commence étrangement à pomper. Pendant qu’on rushe comme des malades, on voit passer des petits cambodgiens qui galopent de roches en roches en gougounes et avec des casseaux d’oeufs dans les mains (je vous jure). Ils s’arrêtent même en chemin pour fumer une clope! Mettons que fumer une clope avec 2000 maringouins et autre est comme la dernière chose dont j’ai envie; je veux juste terminer cette esti de marche-là au pc.

Fa qu’après la solide montée, vous vous doutez bien qu’il faut redescendre. Encore du gros bonheur à manquer de se péter la yeule solide dans le ruisseau glissant et solidement à pic. Parfois quand c’est vraiment à pic (genre ravin), il y a des petites cordes pour se pogner et moins débouler (merci! C’est trop d’aménagement). Mais parfois, c’est tout aussi escarpé pis y’a pas de corde (aucune idée pourquoi; peut-être pour ajouter au plaisir?). Il faut donc se pogner après des lianes parfois chambranlantes, parfois remplies d’épines (yé! Tu te fais trouer la main en plus). Parfois, y’a un escargot gros comme ma main sur la liane où tu veux te pogner. En veux-tu du fun? En v’là!

Après pas loin d’une heure trente à rusher comme des mongols et à craindre sérieusement de se la péter solide à tous les pas, nous arrivons enfin au bout de cette esti de marche de marde et donc de l’autre côté de l’île. C’est évidemment à ce moment qu’il arrêtera de mouiller. Nous sommes mouillés bord en bord (de pluie, de bouette et de sueur) et avons accumulé ben de la piqure des voraces maringouins de jungle. On va souhaiter que nos bungalows sont bien car on les a réservés pour 10 jours. La suite au prochain récit…


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Des nouvelles de Bangkok sous la pluie

Je vous écrit de ma chambre de Siem Reap, une ville hyper touristique du Cambodge (pas loin des fameux temples d’Angkor). La chambre est très confortable, la clim fonctionne et ne fait pas trop de bruit, les murs ne sont pas trop isolés ce qui fait qu’on entend très bien notre charmant voisin le bébé qui braille non stop, les geckos qui gueulent le soir, les crapauds qui se font aller également le soir quand il pleut (c’est-à-dire tous les maudits jours). Y’a suffisamment de pression dans la douche pour que je puisse me laver les cheveux (ça l’air niaiseux mais c’est pas facile à rincer une grosse motte de cheveux avec un mini filet d’eau).

Le seul hic, c’est que ça sent un peu les égouts dans les toilettes malgré les tranches d’ananas derrière la toilette (c’est courant ici). Fa qu’on ferme la porte, c’est tout (y’en a pas de problème). On a aussi des grosses colocs coquerelles qui apparaissent parfois, suscitant un « eh boy!!! » bien senti du pauvre chum qui doit sortir la bête quand elle ne déguerpit à toute vapeur pas dans une cachette dont seule les grosses torieuses de coquerelles connaissent l’existence. Nous avons dû sortir l’artillerie lourde hier (une flashlight + l’ouverture des lumières Jean-Couteux de la chambre) pour en retrouver une grosse maudite qui était tellement bien planquée qu’elle m’assiste toujours dans l’écriture de ce récit. Notre ami Christian qui ne trippe pas trop coquerelles aurait sans doute flambé toutes ses économies en dévalisant les stocks de poudre à coquerelles du coin.

Ça fait déjà un mois que nous sommes au Cambodge. C’est fou comme le temps passe vite entre deux trombes d’eau. Avant d’arriver au Cambodge, nous avons séjourné trois jours à Bangkok après notre interminable run de lait d’avions. C’était notre deuxième séjour dans la capitale thailandaise, un retour après 9 ans et de nombreux périples en sol asiatique.

J’avais le souvenir d’une ville étouffante, humide, à la circulation chaotique et où il était très difficile de circuler à pied. Nous logions près du palais royal où les rues étaient souvent bloquées à cause de manifestations de chemises rouges. Nous avions peur de prendre des tuks tuks (ça roule vite pis c’est pas sécuritaire) et de manger de la bouffe de rue dans des spots « douteux » pour les nord-américains que nous sommes.

Ben laissez-moi vous dire qu’après avoir passé près de quatre mois en Inde, Bangkok, c’est de la petite bière. Bon, il fait toujours chaud comme le *{^%%+ mais ça, on s’y était préparé mentalement. Pis c’est pas mal plus facile à supporter quand on a une super chambre de la mort, chambre que j’avais réservée y’a plusieurs mois et dont tous les commentaires étaient plus que positifs. Je m’arrange toujours pour réserver une belle chambre quand on arrive d’une run de lait parce que c’est vraiment un bon investissement quand on est brûlés pis qu’on a pas le goût de se ramasser dans un hôtel de passes glauque.

Nous avons donc profité de notre délicieuse chambre pour se remettre du décalage asiatique qui fesse (bonjour le réveil à 4:00 du matin où t’es affamée), se bourrer dans le déjeuner compris (un délice qui ne commençait qu’à 7:00 du matin; vous n’avez jamais vu une fille se garrocher autant pour déjeuner quand ça fait 3 heures que t’es affamée), apprécier la vue de notre balcon (et écouter les grenouilles se faire aller parce qu’imaginez-vous donc qu’il mouillait).

Grâce à ma fabuleuse montre Garmin Vivoactive, j’ai su que j’ai trotté pas moins de 45 km en trois jours dans ce bain-marie qu’est Bangkok. Il faisait très chaud (des ressentis de plus de 40) mais comme il mouillait pas mal tout le temps, ça rafraichissait un peu. Pis quand je dis mouiller, c’était pas juste un petit crachin ça et là. Oh que non! De beaux gros orages tropicaux où tu prends toute une douche et où les rues sont inondées. Ça nous a permis de commencer à nous habituer à être perpétuellement mouillés / suants et à marcher non stop dans l’eau et la bouette.

En trois jours, nous n’avons absolument rien visité de « touristique ». Nous avons trotté sous la pluie, nous sommes régalés de bouffe de rue (plus l’endroit pour manger est laitte et bruyant, plus la bouffe est bonne; les meilleurs spots se trouvent sous un espèce de métropolitain de Bangkok où on se fait casser les oreilles mais où on se régale). J’ai d’ailleurs perdu mon fidèle petit thermomètre-hydromètre, cadeau de mon popa et de ma moman, dans un de ces restos où nous avons déguerpi après une flotte de la mort de plus d’une heure. RIP petit thermomètre qui m’a accompagné dans presque tous mes voyages depuis notre premier séjour à Bangkok.😦. J’ai presque eu autant de peine que quand j’ai abandonné feu glacière de notre road trip en Australie à un backpacker dans une auberge de jeunesse. Deux deuils difficiles.

Heureusement, notre séjour dans la capitale thai fut également ponctuée de beaux moments pour compenser la perte de ma station météo mobile. Par exemple, nous avons visité les toilettes d’un immense centre d’achat (le Pier 21) dont chaque étage à une thématique de pays. Assez rigolo de voir une toilette métro de Londres pis ça permet de laisser passer un déluge.

Nous avons également fait le tour du central Park de Bangkok, le parc Lumphini, où on trouve de gros varans (devinez qui voulait aller là?). Si on se fie aux photos trouvées sur le web, les varans ont l’air énormes et toujours en train de se battre. Dans les faits, ils font un gros deux pieds max et se planquent dès qu’on approche un peu. Comme il mouillait pas mal pour faire changement, on voulait se planquer nous aussi sous des espèces petits pavillons couverte du parc mais ils étaient tous occupés par des sans-abris. Bref, on a rapidement laissé tomber l’idée et on a décidé que c’était pas ben grave de se faire mouiller dessus.

Marc voulait retourner à Koh San Road voir les douchebags. Comme il s’était tapé des varans peureux à la pluie battante, j’ai décidé de l’accompagner pour voir des dudes en camisoles avec des calottes et des beaux tattos barguiner avec une classe certaine des massages. Comme ce n’était pas à la porte, nous avons fait un bout en skytrain puis voulions marcher vers tatooland. Pour faire changement, il tombait des trombes d’eau quand nous sommes sortis du métro. Nous avons opté pour un foot massage d’une heure, histoire de laisser passer les chutes. Saison des pluies oblige, ben au bout d’une heure il mouillait autant. On décide de laisser tomber l’observation des douchs pis de profiter de notre merveilleuse hôtel. Tsé, pourquoi se priver de faire des longueurs dans la piscine sur le toit avec vue sur la ville (quand il mouille un peu moins)?

Prochain récit : vivre sous la pluie au Cambodge et le récit de la « beautiful walk into the jungle » avec nos gros câlisses de bagages de deux tonnes sur le dos.

imagePremière soupe mangée sur le bord d’un trottoir à 2:00 du matin sous la pluie


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Des nouvelles de la run de lait vers Bangkok

imageJe vous écris d’un café chicos de Kampot, une petite ville cambodgienne charmante située près d’une rivièrey. Nous sommes en Asie du sud-est depuis près de trois semaines et oui, c’est mon premier récit… J’ai été slowbine à me lancer dans l’écriture non pas parce qu’il ne se passait rien, ni parce que j’étais meulade (ma santé va très bien merci pour ceux qui se poseraient des questions) mais juste parce que j’étais comme un ti peu brûlée en quittant le Québec et que j’avais besoin de mettre mon cerveau à off, de regarder le temps passer sans rien foutre de productif. Maintenant que mes batteries commencent à se recharger, tchéckez-moi bien aller…

Nous avons donc posé le pied sur le continent asiatique le 18 septembre après une délicieuse run de lait avec United. Le premier vol (Montréal-New York) a commencé en force avec un combo de gens détestables en avion soit un solide puant qui empestait le swing pis solide à part ça et un sale renifleux dégoutant qui a renfilé non stop du décollage à l’atterrissage. Une chance que le vol n’était pas trop long…

Petite pause à New York où nous avons mangé du libanais en attendant notre super vol de 16 heures vers Hong Kong. Pour avoir déjà fait un 16 heures, c’est long longtemps. Heureusement, notre voisin de rangée, un gars dans la vingtaine, ne reniflait pas et ne sentait pas le yiable. Nous l’avons affectueusement surnommé le pisse-minute car, vous vous en doutez, il allait souvent aux merveilleuses toilettes, ce qui est un gros plus quand c’est lui qui est au bord de l’allée.

L’avion n’était pas jeune-jeune ce qui se ressentait dans le système de divertissement qui ne réagissait pas au quart de tour et plantait fréquemment. Par contre, on avait un minimum d’espace vital pour bouger les jambes et éviter la trombose, et oh joie, dormir sans avoir l’impression qu’un truck t’es passé dessus quand tu te réveilles. On a réussi à dormir un bon 7-8 heures, ce qui est un véritable miracle en classe économique (et un signe qu’on était pas pire brûlés itou).

Nous sommes donc ressortis de cet interminable vol pas mal moins décâlissés que prévu et prêts à attaquer un dernier vol de 3 heures vers Bangkok. Quelle ne fut pas notre surprise de voir un tite pancarte avec nos noms en sortant de l’avion nous indiquant de se présenter à un comptoir. Hou! Ça ne nous était jamais arrivés en 16 ans de voyages. Excités comme des puces, on se présente au dit comptoir pour avoir droit à un préposé qui ne savait pas trop pourquoi on nous avait envoyé là. On repart bredouille vers notre porte d’embarquement et on gosse sur le wifi gratos en regardant des quizz débiles hongkongais dans le piton diffusés partout sur les tivi de l’aéroport.

Au moment d’embarquer dans notre dernier avion, Nous nous faisons accoster par un employé de Thai Airways qui nous demande de payer des frais de sécurité d’aéroport que nous n’avions pas payé avec notre billet. C’était donc ça la petite pancarte! On paie les fameux frais (genre 10$ US) pis on embarque.

Ça allait bien jusque là mais on commence étrangement à être un peu fatigués et tannés. Du genre j’ai faim mais ça me tente pas de manger, chu squizzée dans mon banc pis j’ai vraiment hâte de me coucher dans un lit, j’sais pu trop yé quelle heure, j’veux prendre une douche mais c’est pas encore tu suite car il nous reste un beau vol jam-pack pis un taxi vers notre hôtel. Un peu normal quand ça fait plus de 24 heures que tu parcours la planète.

Nous finissons par arriver à Bangkok où il tombe des trombes d’eau. Pour ceux qui l’ignorent, ben c’est la saison des pluies en Thaïlande et au Cambodge et croyez-moi, ça ne porte pas ce nom pour rien. Y’a du traffic à l’aéroport donc nous devons tourner bêtement en attendant d’avoir l’autorisation d’atterrir. Le 30 minutes de niaisage me parait une éternité; je cogne des clous et je ne sais juste pu dans quelle position me placer.

Nous sortons de notre boite à sardines volante et partons à la course pour passer devant tout le monde aux douanes. Ça peut sembler puéril mais des fois, ça vaut vraiment la peine de se grouiller pour ne pas se ramasser derrière les 300 personnes d’un vol. L’affaire, c’est que l’aéroport est immense et la course vers le carrousel aux bagages est interminable, surtout qu’on ne pète pas trop le feu.

On s’est démené pour rien car il n’y a pas un chat aux douanes (on n’est vraiment pas à Trudeau mettons). Les bagages ne sont pas encore arrivés, ce qui n’est pas surprenant car ils doivent eux aussi se taper la longue distance que nous avons parcourue en courant pour clancher tout le monde. Ça parait que les bagages n’ont pas couru car c’est long longtemps avant qu’ils arrivent. J’suis accôtée sur mon petit panier à bagages pis j’ai le goût de me coucher par terre tellement chu fatiguée pis que j’ai mal partout. Pour m’encourager, je pense à mon super hôtel que j’ai réservé v’la genre 6 mois et qui n’a que de bons commentaires et surtout, un lit douillet.

Nos bagages pas pressés se pointent le nez sur le carroussel envahi des habituels tarlas qui se sacrent presque dessus à 12 avec leurs cristies de charriots qui bloquent tout le monde. C’est bien connu, les bagages tombent dans une autre dimension impossible d’accès si tu ne te garroches pas dessus dès la seconde où ils se mettent à tourner.

Notre merveilleux hôtel n’offrant pas de airport pick-up, nous devons prendre un taxi puisque ça ne nous tente vraiment pas de prendre un train, marcher puis prendre un bus et marcher encore quand ça fait près de 30 heures qu’on se tape des avions. Il est 23:00 pis c’est comme pas trop un bon moment pour tester les transports en commun de Bangkok avec nos gros bagages qui pèsent une tonne (j’sais pas pourquoi mais nos bagages sont plus lourds cette année que d’habitude; 13,5 kilos pour moi et 16 kilos pour Marc – ce détail aura son importance plus tard, vous comprendrez pourquoi).

Comme il ne s’agit pas vraiment de notre premier voyage, nous savons que s’il y a une place pour se faire arnaquer dans la vie, c’est ben en prenant un taxi en arrivant brûlés et décalés. Nous nous sommes donc renseignés avant sur le prix du dit taxi. C’est une bonne chose car le premier kiosque que nous voyons propose de beaux taxis pour les touristes (comprendre les poissons) 5 fois plus cher que le prix réel!!!!

Nous avons beau avoir le goût de rentrer au pc, c’est quand même pas une raison pour se faire avoir à se point. Nous poursuivons donc notre chemin à la recherche de vrais taxis. Nous trouvons un kiosque de taxis avec un système pas trop clair pour deux personnes qui ont de la misère à se rappeler leurs propres noms. Nous finissons malgré tout par obtenir un taxi au vrai prix.

Nous arrivons à note palace passé minuit. Il fait environ 200 avec l’humidex à Bangkok et il mouille pas mal. C’est la première d’une série de douches extérieures.

La suite de nos péripéties à Bangkok dans un prochain récit; c’est l’heure de ma petite marche sur le bord de la rivière.


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Des nouvelles du Swaziland et de Kruger

Je vous écris du salon de notre auberge de jeunesse du parc de la réserve Mlilwane, en plein coeur des vallées fertiles du Swaziland. Du quoi, me direz-vous, si vous êtes comme nous y’a à peine 6 mois alors que nous aurions été incapables de situer ce petit pays enclavé dans l’Afrique du Sud.

Vue de notre auberge de jeunesse (non, ce ne sont pas des cohons, ni des sangliers mais des phacochères)
* La photo va suivre quand je pourrai la publier sans recevoir des +}*{* d’erreur http *

Nous sommes arrivés hier en fin de journée après avoir passé une semaine à Santa Lucia, un petit paradis animalier où nous avons presque vu le fameux big five sans même faire de Safari. Je reviendrai sur tous les animaux vus dans un autre article car vraiment, y’en a en masse.

Nous avons décidé de faire un petit tour de deux jours au Swaziland puisque nous passions par là pour se rendre au parc Kruger (le plus grand parc animalier de l’Afrique du Sud), nous voulions avoir un aperçu du pays qu’on dit très différent de son voisin l’Afrique du Sud, pis, soyons honnêtes et assumons notre petit côté bébé lala, avoir une autre étampe dans notre passeport.

Nous avons donc repris la route hier avec déjà plus de 3000 km de routes sud-africaines derrière la cravate. La route pour se rendre au Swaziland était assez achalandée de gros trucks (dont un solidement dans le clot, viré sur le top, sans doute parce qu’il ne roulait pas à 160 km/h sur une route étroite, sinueuse, remplie de marcheux et d’animaux).

Marc a pris certaines habitudes de conduite sud-africaines (mais pas celle de faire n’importe quoi et de dépasser comme un zouf dans une route qui rencontre sans regarder) dont le fameux roulage dans l’accotement, une voie qui sert ici à tout comme se tasser quand un zouf arrive à fond la caisse à 160 quand la limite est genre 80, à se tasser quand un zouf dans l’autre voie dépasse sans trop regarder. C’est très pratique sauf qu’il faut toujours surveiller les marcheux et la basse-cour d’autoroute.

Reprise de ce récit de notre bungalow du campement d’Olifants au bord de la rivière du même nom dans le parc Kruger, la plus grande réserve animalière de l’Afrique du Sud. Ça fait une semaine que nous sommes ici et nous quittons ce matin pour Hoedspruit, une ville obscure dont la seule chose que nous savons est qu’elle est près du Blyde River Canyon, le 3e plus grand canyon du monde, rien de moins…

L’accès réseau n’est pas facile ici et ce, même avec ce que nous avons surnommé « le précieux », c’est-à-dire le réseau 3g. J’ai acheté une carte SIM près de Durban que j’ai remplie à nouveau à Malelane, un bled avant de rentrer à Kruger. Sachant que le wifi est généralement plus que pénible dans les grosses villes en Afrique du Sud (ça l’air que c’est le cas en Afrique en général), on décidé de miser sur le 3g, vraiment pas cher (26$ par 4 gig) et nettement mieux que le wifi pourri.

Or, le 3g dans le fin fond de la savane, mettons qu’il faut être motivé. Bon, c’est mieux que rien étant donné que nous sommes crissement creux au milieu de nulle part mais disons que ça laisse le temps de réfléchir entre l’affichage de chacune des pages ou encore de se taner et d’entreprendre une tite game de Candy Crush avant de sombrer dans un profond sommeil à 18h30.

Tout ça pour dire que je vais y aller mollo sur les photos même si nous en avons des tonnes de toutes les espèces croisées. Pis laissez-moi vous dire qu’en plusieurs jours dans des réserves, nous en avons croisé en titi des animaux. Tsé, si moi je ne cris plus quand je vois un éléphant de loin, ça vous donne une idée (ceux qui me connaissent savent que je m’extasie toujours à 42 ans quand je vois un écureuil (!!!)).

Bon, je termine ce récit pour commencer celui sur le festival des animaux.

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Des nouvelles de ma baignade avec les phoques à Hout Bay (près de Cape Town)

Toujours dans notre douillette chambre de notre tente de luxe qui est un peu moins douillette à 15:30 quand le soleil sud-africain fesse comme un deux par quatre. Il fait 30 degrés dans la tente et je suis devant le ventilo qui tourne à puissance maximale.

Aujourd’hui, ils se donnent dans les travaux à l’entrée du camping à grands coups de marteaux et de scie depuis 7 heures ce matin. Disons que c’est assez ordinaire comme bruit toute la journée, surtout pour ceux qui viennent ici pour la semaine de vacances scolaires (et ils sont nombreux puisque le camping est plein même si c’est normalement la moyenne saison touristique). Le chantier est vraiment pas loin de la piscine qui est pourtant pleine. Bonne chance pour te détendre sur ta chaise longue!

Heureusement, comme je suis debout depuis 5 heures du matin (eh oui!), je ne me suis pas fait réveiller par les travaux. Nous sommes hyper matinaux ici; faut dire qu’il fait noir comme une tombe à 6:00 le soir, mettons qu’à 20:00 gros max, on a l’impression qu’il est 3 heures du matin et on tombe comme des roches. Je tente de faire une sieste sans trop d’espoir pour arriver à toffer jusqu’à 22:00 pour voir les hippos qui sortent de la rivière et se promènent en ville. Ça l’air qu’il y a même des chéckeux d’hippo (rien d’étonnant si on trouve des gardiens de container) qui protègent les gens des hippos qui ont l’air de grosses roches dans l’eau mais qui tuent plus de 3000 personnes chaque année en Afrique du Sud. Eh oui! Les gros hippos sont plus meurtriers que les requins, les gros félins, les rhinos et les éléphants. Rassurez-vous, le but n’est pas de me faire charger par un hippo beliqueux et de faire la une du journal de Mourial « Une épaisse en voyage en Afrique du Sud se fait bumper par un hippo en furie » mais bon, quand on est dans une ville où les hippos se promènent, ben on veut les voir dans la ville.

Bon, lâchons les hippos pour le moment et revenons à la suite de nos aventures à Cape Town. Ça fait des mois que j’avais vu sur le web qu’on pouvait nager avec des phoques près de Cape Town pis ça fait des mois que je veux le faire. L’affaire, c’est que rendu sur place, il fait vraiment pas chaud (on se rappellera que j’ai acheté une tuque à Cape Town dont je me suis bien servie et qui est bien serrée dans mes bagages jusqu’à mon retour à Mourial où je vais geler comme un rat) pis j’avoue que l’idée de me garrocher avec des phoques dans l’eau glacée de l’Atlantique me tente un peu moins.

D’la marde l’eau frette; combien de fois dans ma vie pourrais-je nager avec des phoques? Si j’ai passé une fin de semaine dans un maudit lac frette du Québec à la mi-juin pour faire mon cour de sauveteur plage (ça fait plus de 25 ans et j’ai encore frette à y repenser), chu ben capable de toffer une heure avec un gros wet suit entourée de charmants phoques.

Ça, c’est le discours intérieur que je me répète entre le moment où je réserve le tour (genre 3 jours avant) et le moment où j’enlève mes gants, mes pelures et mon gros imper pour mettre mon maillot de bain et mon ami le wet suit, toujours aussi plaisant à enfiler. Impossible de ne pas avoir l’air d’une belle tarte tout sauf gracieuse, surtout quand on s’exécute dans un stationnement près d’un trailer.

Ma tendre moitié m’accompagne pour faire un tour de bateau mais décide de passer son tour pour la baignade, ne voulant pas s’achever puisqu’il ne pète pas le feu avec son maudit rhube. Nous sommes huit motivés qui allons sauter à l’eau, plus les deux guides, deux sud-africains hyper dedans (y faut pour se sacrer dans l’Atlantique quelques fois par semaine). Il y a également le capitaine du bateau qui est dedans lui-aussi et qui manoeuvre d’une main de maître le pneumatique qui nous mènera vers nos amis les phoques.

Après à peine 2 minutes de bateau, nous voyons une dizaine de gros phoques qui se font dorer au soleil derrière le port. Tout le monde est énarvé et le kodak se fait aller. Une fois le plein de photos fait, le bateau quitte le port pour aller vers la baie. Il commence à y avoir de la vague et je commence aussi à regretter de ne pas avoir pris une ou deux gravols préventives.

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Vue des alentours
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Après une quinzaine de minutes à se faire brasser le canayien, on sent qu’on arrive près des phoques. Ça dégage des centaines de phoques! Y’a comme une odeur hyper intense de déjection de phoques, un mélange de pipi et de poisson. Bref, ça sent pas la rose. Le vent est du bon bord et on ne sent plus cette agréable odeur quand le bateau jette son ancre au milieu de centaines de phoques qui jouent dans les vagues.

C’est devant cette gang que ça dégageait
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Vue du rivage à partir du bateau
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On nous explique comment se sacrer dans l’eau frette et de rester près des guides. J’avoue que j’ai un peu la chienne; l’eau frette (8 degrés), de la belle grosse vague pis des beaux gros phoques en liberté partout.

Juste avant de me pitcher à l’eau
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Je me garroche sans trop réfléchir en attendant d’avoir l’impression que mon coeur va arrêter à cause de l’eau glaciale. Surprise! Le wet suit, la capuche, les tites bottes et les gants font la job et c’est à peine si je sens l’eau. Je m’élance vers les phoques qui sautent partout, nagent autour de moi. C’est hallucinant, et le mot est faible!

Y’a de la houle en masse et j’suis bien contente d’être une bonne nageuse. Je décide de faire un peu de surplace pour observer le magnifique spectacle autour de moi. C’est magique! On est loin de la nage avec les dauphins à Cuba où la nage consiste à rester dix minutes en ligne avec un gilet de sauvetage à attendre que le dauphin te donne un bec pour la photo.

Ici, t’es dans le feu de l’action et le mot est faible. C’est pas mêlant, t’as toujours au moins cinq-six phoques autour de toi qui virevoltent et sautent. Je décide de tenter le snorkelling et le spectacle sous-marin est aussi beau. De vraies petites torpilles qui tournent entre les longues algues sous-marines. Certains me frôlent mais ils ne sont que curieux, zéro agressifs. Ils ont de grands yeux sous l’eau, contrairement à quand ils sont en surface. L’eau me glace un peu la face mais c’est vraiment correct côté température, rien comparé à ce que j’appréhendais.

Je préfère le spectacle au-dessus de l’eau car l’eau est un peu brouillée avec toutes ces vagues. Je passe donc près d’une heure à faire du surplace dans les vagues avec un giga gros sourire dans la face. Je suis la dernière à retourner dans le bateau (à part les guides). C’est quand je remonte dans le bateau que je constate que je suis un ti-peu fatiguée, mes pattes sont lourdes. J’ai même pas frette mais j’ai un début de mal de coeur avec les vagues qui brassent le bateau. Mais bon, c’est rien comparé au trip que je viens de vivre!

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Pis pour ceux qui se posent la question, non y’a pas de requin dans ce coin car l’eau est trop frette… En tous cas, c’est une méchante expérience; si vous passez un jour par Hout Bay (pas loin de Cape Town), garrochez-vous pour nager avec les phoques!

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Des nouvelles de Santa-Lucia (et de Cape Town, 2e partie)

Je vous écris de notre douillette tente de luxe de Santa Lucia, une petite ville très touristique (mais sympathique) pas loin du Mozambique (350 km) où nous sommes depuis maintenant déjà 3 jours. C’est fou ce que le temps passe vite et comment on trippe en Afrique du Sud. Je commence sérieusement à comprendre mes amis virtuels de http://www.voyageforum.com (une mine d’informations pour toutes destinations sur terre) qui y reviennent toutes les années.

Fa que pour revenir à notre tente de luxe : 1 seul mot : wow!!! On est très loin de la tente scout qui sent l’humidité et qui pogne l’eau à la moindre averse. Sans farce, la dite tente est plus grande que ma salle à diner, on a une salle de bain toute équipée (une annexe qui communique avec la tente et qui comprend un mini coin cuisine avec frigo, un énorme balcon avec vue sur la cour intérieure peuplée de palmiers, d’une giga piscine, d’une cuisine extérieure toute équipée et de plusieurs braii (barbecues). La grosse vie sale dans un mini tout inclus au centre de Santa-Lucia.

On peut aller partout à pied (cafés, restos, épicerie, voir la douzaine d’hippopotames qui dorment dans la rivières, des singes vervets à couilles bleues pâles; on dirait qu’un grand comique les a aspergées de peinture bleue pastel. Bref, c’est la grosse vie sale!

Singe à couilles bleues
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Le hic, c’est qu’étant au centre de la « ville », on entend le merveilleux ventilateur du resto d’à côté, les gens qui pitchent des vidanges dans le container derrière notre tente. (d’ailleurs, même le container a ses gardiens de sécurité!!!), les travaux autour (j’m’en sors pas après m’être tapé des *{]^>£* de travaux tout l’été en face de chez moi).

Mais bon, c’est assez tranquille la nuit une fois que nos charmants voisins, que nous avions d’abord nommé les colons allemands pour les renommer hier les colons sud-africains, se ferment la trappe. On peut alors entendre les oiseaux se faire aller (dont un particulièrement intense hier qui s’est fait aller solide à 3 heures du matin), les chauves-souris faire des petits sons stridents, le vent balayer les branches de palmiers. Le tout dans un lit super confortable (pas un maudit tapis de sol avec une racine qui s’adonne à passer en dessous).

Bon, je devais vous parler de notre séjour à Cape Town. Ça ne fait qu’une dizaine de jours et c’est déjà loin. Je vous avais laissé sur Marc qui avait chopé une cochonnerie de rhube, je répète Marc avait chopé une cochonnerie de rhube et pas moi.

Notre 2e journée à Cape Town fut donc très relaxe. Nous avons laissé faire la ballade sur la métropolitaine de Cape Town et avons décidé de nous écrapoutir dans un resto rempli de gens de la place (toujours un bon signe), le Nelson’s. Ce resto se trouve en face de l’hôtel chicos du même nom et offre de la bouffe succulente. Il est à 10 minutes à pied de notre hôtel et à environ 15 minutes en revenant (ça monte en titi; la côte Berri, c’est de la petite bière à côté).

La façade de notre hôtel de Cape Town
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Nous y sommes allés à quelques reprises pis on y a revu toujours les mêmes gens qui écoutent vaguement les matchs de rugby qu’on y diffuse sur la terrasse. Le rugby est une vraie religion ici; c’est fou le nombre de gens qui portent fièrement le « beau » chandail vert de l’équipe locale. On a d’ailleurs failli achever un chauffeur de bus en lui disant qu’on n’avait pas d’équipe préférée (on a étrangement skippé le fait qu’on s’en sacre pas pire du rugby).

Le lendemain ou le surlendemain, j’sais pu trop, nous avons fait la visite de la prison sur Robben Island où Nelson Mandela fut incarcéré pendant 18 ans. Il fallait être au bateau à 10:30, l’embarquement se faisant au Waterfront, à un bon 45 minutes en bus de notre hôtel. Marc avait mis le cadran à 9:00. Mettons que ça laisse pas beaucoup de temps pour se revirer de bord, surtout quand un des deux file pas trop (pis c’est pas moi je vous rappelle).

On se grouille pour rien parce que ça brette à l’embarquement du bateau où il y a plein de monde (dont une classe d’une trentaine d’écoliers de 8-9 ans accompagnés d’un seul prof). On a droit à des petites jokes de sécurité dans le bateau. Les sud africains adorent ajouter quelques « bons » gags à chacune de leurs interventions en public.

Vue du Waterfront du bateau
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Vue de Cape Town du bateau
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Dès qu’on arrive sur Robben Island, on nous dirige vers des bus pour débuter la visite. On est bien squizzés dans les bus, genre 3 sur un banc à 2. Notre guide débute le tour avec un pot-pourri de gang internationaux du genre : « y a-t-il des hollandais ici? » *blague sur les hollandais* « y a-t-il des britanniques ici? », etc. Rendu aux canadiens, j’commençais à être un peu à bout, surtout que oh bonheur, on a droit à un bébé de six mois qui braille non stop. Je sais bien qu’on ne peut demander à un bébé de six mois d’arrêter de pleurer mais en tant que parents, on peut se douter qu’un bébé en aura rien à cirer de Nelson Mandela et ne restera pas tranquille dans un tour qui dure 3 heures. Pis mettons que le bébé nous a fait savoir tout le tour qu’il n’était pas content.

Murale commémorative sur les quais de Robben Island
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Le bus parcourt différentes installations de l’île dont les différentes prisons avec des niveaux de sécurité variables. On termine avec les explications d’un ex-détenu qui y fut incarcéré. Ça ne devait pas être la joie car c’était assez surpeuplé et ça reste une prison.

Vue d’une cellule où il y avait une soixantaine de prisonniers
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Menu des prisonniers variant selon la couleur
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Je ne sais pas si ce sont les installations proprettes (tout a été nettoyé depuis que c’est devenu un musée, ça ne devait vraiment pas être comme ça dans le temps) mais ça m’a presque donné l’impression d’être un camp de vacances, surtout quand je pense à Auschwitz que nous avons visité y’a 3 ans et que je qualifie et de loin, du pire endroit visité à vie. Un badtrip total, le pire du pire, pas de mot pour décrire toute cette horreur. Je sais, la comparaison est crissement boiteuse et je ne remets vraiment pas en question ce que Mandela et ses compatriotes prisonniers politiques ont enduré pendant de très longues années pour que nous ayons une Afrique du Sud telle qu’elle est présentement.

Tout ça pour dire que le tour était intéressant mais je n’ai malheureusement pigé que le quart des explications données par la guide et l’ex-détenu, because bébé qui braille à fond la caisse sans arrêt.

Comme il faisait beau, nous avons conclu la journée avec la montée de la montagne de la Table (Table Moutain), haute de plus de 1 km. Bon, on n’a pas fait ça à pied (on se rappellera que Marc a le rhube, je répète, Marc a le rhube) mais à l’aide du téléphérique de la mort qui tourne sur lui-même pendant l’ascension.

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Arrivés en haut après un ti-vertige (mine de rien, c’est haut 1 km viarge), j’oublie mes peurs de moumoune quand j’aperçois un dassie. Un dassie, c’est une marmotte des montagnes trop cute. Mais alors là, vraiment trop cute. Je pousse des petits cris de joie, me garroche pour prendre des photos, tout comme le troupeau de touristes autour de moi. Si on pense vivre la solitude du sommet d’une montagne, faut pas aller se planquer sur Table Moutain parce qu’il y a du monde à messe.

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C’est super bien aménagé avec un resto, pleins d’endroits pour admirer la vue spectaculaire sur les environs, dont Cape Town (la montagne entoure la ville), des sentiers bien foutus pour explorer sans se péter la gueule. Nous le constaterons plus tard mais les sud-africains ont un talent fou pour les aménagements en nature. Vraiment, c’est bien pensé, solide, ça s’intègre parfaitement dans le décor, y’a des explications intéressantes avec une mission à la fois éducative et écologique.

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Nous n’avons pas le temps de faire le plus long sentier car on (pas mal plus moi si je veux être franche) ne veut pas manquer le dernier téléphérique (yé drette pas question que je redescende ça à pied à la noirceur). 200 photos de dassies plus tard, nous redescendons, éblouis par la montagne de la table (et les dassies).

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Nous devons prendre deux bus de la ville pour rejoindre notre hôtel. Y’a pu de bus entre le téléphérique et la métropolitaine de Cape Town où passe l’autre bus (bien pensé de couper les bus avant les derniers téléphériques). On tète le chauffeur du bus de touristes qui à explorer la ville pour se rendre à la métropolitaine. Il nous embarque, ainsi que nos deux amis d’infortune allemands (on doit être les quatre seuls touristes à ne pas avoir de char à Cape Town), sans se faire prier et sans nous faire payer. Vraiment sympa!

Prochain récit : je vous raconte ma baignade avec des centaines de phoques dans les eaux frettes de l’Atlantique.


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Des nouvelles de la N2

Je vous écris de notre fabuleuse chambre de notre Bed and
Breakfast d’Amanzintoti, une banlieue très chic de Durban. Il est cinq heures du matin et je regarde le jour se lever tranquillement au son des nombreux oiseaux et des espèces de canards à long bec croche qui gueulent non stop.

Nous en sommes au point « chambre de luxe » de notre voyage après deux jours à rouler sur la N2 à la pluie battante ou au temps moche. Nous avons fait plus de 1200 km en deux jours et ce, entre les animaux, les marcheux d’autoroute, le brouillard, la pluie, les montagnes, les villages, etc.

La N2 ici est l’équivalent de la 20, notre bonne vieille transcanadienne mais en version sud africaine. Même si la chaussée est nettement plus belle ici (pareille comme les chaussées qu’on vient juste de refaire au Québec avant le retour des craques, des trous et des bosses deux semaines plus tard), mettons que c’est pas l’action qui manque sur l’autoroute où les limites sont pourtant souvent 120 km/h.

Il arrive souvent que la N2 soit la seule voix praticable. Elle est donc utilisée par tout le monde, pis quand j’écris tout le monde, c’est vraiment tout le monde. Il y a presque tout le temps des marcheux d’autoroute sur le bord, quand ce n’est pas dans la voix (faut ben traverser), et ce, même dans des coins improbables (genre dans la montagne dans des tournants où il n’y a pas l’ombre d’une maison).

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Au début, c’est un peu stressant mais on s’y fait vite, surtout après notre expérience indienne de près de quatre mois qui nous a solidement préparé à toute forme de bordel routier. Y’a pu grand chose qui nous fait peur maintenant.

Mais qui sont donc ces omniprésents marcheux d’autoroute? Des gens du coin qui vont travailler, barrouettent du stock (mention spéciale à la gang qui roulaient un gros tuyau), des familles, des écoliers. Eh oui, des écoliers marchent ici sur le bord d’une autoroute où ça roule à 120 et souvent bien plus!!! Bon, ils nous font souvent ralentir dans des zones scolaires (eh oui, y’a des panneaux d’écoliers sur la N2) à grands coups de solides dos d’âne (pas comme nos timides montréalais) où t’as crissement intérêt à ralentir si tu veux pas scrapper ton dessous de char.

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Faut aussi savoir qu’une bonne majorité de la population n’a pas de voiture. Ils font du pouce avec des billets en main (forme de covoiturage), prennent des petits bus déments qui font absolument n’importe quoi sur la route, tels des kamikazes du transport en commun. Quand tu vois un petit bus, méfie-toi car il peut te couper à tous moments, crisser les brakes pour ramasser quelqu’un ou pour une raison obscures. Bref, faut absolument se tenir loin des petits bus mais c’est pas facile car y’en a partout.

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Le petit bus dément doit pas être donné tant que ça car un bon nombre de gens marchent des distances assez importantes (ex. écoliers qui doivent faire 7-8 km sur le bord de l’autoroute dans les côtes à la pluie battante, travailleurs qui doivent faire probablement plus), bref juste ça remet en question ce qu’on a parfois entendu sur les noirs qui « seraient » paresseux (sur la quantité industrielle de marcheux qu’on a croisé, aucun n’était blanc). Eh oui, plus de vingt ans après la fin de l’Apartheid, force est de constater que les inégalités raciales sont encore bien présentes ici, ne serait-ce que par la distribution de la richesse qui n’est vraiment pas encore du côté de la majorité noire.

Le coût de l’essence doit être effarant pour les plus pauvres car il en coûte autant que chez nous pour faire un plein, une fortune si on considère le coût de la vie en général nettement plus bas. On aurait voulu embarquer des pousseux mais comme les recommandations générales de sécurité déconseillent de le faire, on n’a pas osé. Difficile de laisser ces gens sur la route alors qu’on a un beau bolide qui pourrait rapidement transporter 3 ou 4 personnes (12 à 15 en Inde😉 ). Je penserai à tous ces marcheux d’autoroute dans les montagnes sous une généreuse pluie frette à 17 degrés quand je me tapperai de la flotte en bécane ou une esti de panne sur la ligne verte.

Bon, les marcheux, c’est une chose mais ce n’est qu’une infime partie des « pertubations » de la N2. La deuxième étant sans aucun doute la faune n2ienne omniprésente et abondante.

Nous avons croisé plusieurs troupeaux de babouins. Il y a souvent des clôtures de 3-4 pieds de haut aux côtés l’autoroute mais ça n’arrête vraiment pas les troupeaux de babouins qui les enjambent en moins de deux. Au moins, les babouins sont assez brillants pour regarder avant de traverser l’autoroute (je vous jure que oui, ils regardent avant de traverser) pis ils clanchent en traversant.

C’est pas le cas des grosses vaches niaiseuses qui traversent quand bon leur semble même si t’arrive à 120. Mais pourquoi les clôtures n’ont pas arrêté les grosses vaches niaiseuses me direz-vous? Ben simplement parce que parfois les clotûres ont des ouvertures ou des portes ouvertes où les grosses vaches se faufilent, tout comme les chevaux, les moutons, les chèvres, les cochons et les chiens. Bref, c’est pas mal la ferme non stop sur le bord (ou sur tout court) la N2.

En tant que copilote, je devais signaler les apparitions animalières trop proches de la voie (sinon, je n’aurais pas arrêté) au pilote pis sacrer les flasher d’urgence au cas où on devait attendre qu’une grosse vache traverse lentement la voie (c’est arrivé à quelques reprises).

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À cela s’ajoutait le temps de cul, surtout la première journée où ce fut le déluge toute la maudite journée. Bon, on était dans le char au sec contrairement aux pauvres marcheux, mais disons que des trombes d’eaux n’améliorent pas ben ben la visibilité pour spotter les nombreux représentants de la gente animale. Pis du brouillard non plus quand on ne voit pas un mètre en avant. Ou encore mieux, du brouillard et la grosse flotte!

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Troisième élément pour ajouter de l’action sur l’autoroute : les morons qui savent pas conduire. Ici, au top des morons, y’a les chauffeurs des petits bus déments qui font absolument n’importe quoi mais ils ne sont vraiment pas les seuls. Y’a aussi les chauffeurs de pickup qui roulent comme des mongols à 160 en pleine montagne dans de solides tournants (on en a vu une couple d’accidentés d’ailleurs) et les chauffeurs d’auto pas pires décrissées qui n’ont pas l’air de savoir où ils s’en vont pis qui roulent vaguement dans l’accôtement ou entre les deux voies. Bon ça semble terrible mais nonobstant cette gang de tapons, la majorité des gens conduisent assez bien et sont plutôt respectueux (sauf des vitesses dont tout le monde semble se sacrer).

Histoire d’ajouter un peu de plus de punch, la N2 traverse de pas pires bleds fort distrayants. Y’a du monde partout, les étals boucanent, tout le monde traverse la fameuse N2 sans regarder (faut dire qu’on roule là à 10), les gens se parkent en double, en triple, alouette. Bref, ça n’arrête pas deux secondes et y’a pas à en douter, on est vraiment en Afrique.

Le point central des bleds est le Kentucky. Je ne sais pas pourquoi (sûrement parce que c’est le centre de la ville) mais systématiquement, tout le monde se ramasse devant le Kentucky. Nous avons développé une rigoureuse échelle pour catégoriser un bled :

Plusieurs Kentucky : gros bled
Un Kentucky avec des étals « normaux » : moyen bled
Un Kentucky avec des étals où on fait bouillir des têtes de chèvres : mini bled

C’est fou de constater que même des minis bleds ont leur Kentucky. Le gros poulet gras, ça pogne en maudit ici. Parce qu’en dehors du Kentucky, y’a des tonnes de déclinaisons locales toutes aussi grasses et frites. Pis ça parait sur la taille des gens même si plusieurs marchent des km quotidiennement.

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Bon, avec tout ça, j’ai pas parlé de la suite de nos aventures à Cape Town; ce sera pour un prochain récit. Nous quittons aujourd’hui pour Santa Lucia, une ville où les hippopotames se promènent dans les rues (hiiiiiii!!!)